Cloud, virtualisation et mobilité
Deuxième article de notre série sur le nouvel environnement technologique des petites et moyennes entreprises. « Virtualisation » et en présente les avantages et inconvénients. 7 PME sur 10 utilisent actuellement la virtualisation pour réduire leurs coûts, gagner en efficience et en évolutivité ou encore mettre en place un plan de relève informatique efficace.
Cet article est consacré à la virtualisation de serveurs et a pour objectif de démystifier un concept qui a gagné en popularité mais qui reste souvent méconnu des gestionnaires. Bien qu'ils puissent influencer directement les objectifs d'affaires d'une organisation, certains facteurs importants sont à considérer avant l'adoption d'une solution de virtualisation :
- L'expertise : la maîtrise des technologies de virtualisation est nécessaire pour profiter pleinement de ses avantages
- La performance : le partage des ressources d'un serveur physique à plusieurs serveurs virtuels a un impact sur sa performance et doit être considéré
- La centralisation sur un seul serveur physique : ne pas concentrer le risque de bris matériel sur une seule machine physique
Démystification
Depuis quelques années maintenant, quand on parle d’infrastructure informatique et de serveurs au sein de votre organisation, le terme de « virtualisation » est fréquemment mentionné. Cette avancée technologique majeure, autrefois réservée aux grandes entreprises, se démocratise de plus en plus et pas moins de 70%[1] des petites et moyennes entreprises nord-américaines utilisent maintenant la virtualisation. GTI Canada fait bénéficier ses clients des avantages de la virtualisation depuis plusieurs années et Il nous semblait donc important de pouvoir leur présenter cette technologie. Qu’est-ce la virtualisation? Elle peut être mise en place à plusieurs niveaux et sur plusieurs plateformes. Vos serveurs, vos postes de travail, vos données (stockage) et même vos unités mobiles peuvent être virtualisés. Nous allons ici nous concentrer sur la virtualisation de serveurs (où les gains sont les plus importants pour votre entreprise) qui consiste à diviser un serveur physique en plusieurs serveurs virtuels. Traditionnellement, un serveur est installé avec un seul et unique système d’exploitation, qui peut être Windows, Linux…, et joue un ou plusieurs rôles dans votre réseau. Dans ce cas de figure, la puissance des serveurs physiques n’est que rarement utilisée à pleine capacité [2]et c’est d’autant plus vrai pour les PME qui ont souvent des besoins de puissance moindre. La virtualisation permet d’utiliser ce surplus de capacité pour faire jouer plus de rôles à votre serveur physique.Application en PME
Besoins de puissance moindre ne veut cependant pas toujours dire que les besoins d’affaires sont moins importants. Une PME utilise plusieurs services TI pour mener à bien ses objectifs d’affaires : gestion de fichiers, courriels, bases de données, accès distant, etc. Comme ces services ne cohabitent pas toujours bien sur un même serveur, il fallait autrefois faire l’acquisition de plusieurs serveurs physiques pour avoir accès à tous ces services de façon optimale. La virtualisation permet à une PME de déployer plusieurs serveurs virtuels avec des rôles différents et ainsi de répondre à plusieurs besoins. Il existe des solutions adaptées aux petites et moyennes entreprises qui présentent de nombreux avantages même si quelques facteurs importants doivent être considérés.Réduction des coûts TI
La première raison évidente pour la virtualisation est toujours une question de coûts. Évidemment, un seul serveur physique jouant le rôle de plusieurs serveurs permet une réduction de coûts importante au niveau du matériel. Il se peut que pour accueillir plusieurs serveurs virtuels, vous deviez faire l’acquisition d’un serveur physique plus puissant que celui qui est en place actuellement dans votre organisation. L’investissement ne sera pas du simple au double et on peut donc toujours prévoir une économie importante à court terme. De plus, il est possible d’économiser en virtualisant un serveur physique en fin de vie pour le migrer dans un environnement virtuel, ce qui permet d’éliminer le risque de la fin de vie utile du serveur physique, de prolonger le rôle de ce serveur, tout en évitant les coûts d’honoraires professionnels de créer un nouveau serveur virtuel.Relève informatique
La virtualisation a permis des avancées extraordinaires dans le domaine de la relève informatique. En effet, lorsqu’un serveur est virtuel, on peut créer une « image » de ce serveur sur un disque local (dans nos locaux) ou sur disque externe (à l’extérieur de nos locaux, c’est-à-dire dans une autre succursale ou dans un centre de données indépendant). L’image sur un disque local va bien plus loin que la prise de copie de sécurité sur cassette utilisée traditionnellement. On va ici sauvegarder les données critiques, mais aussi toute la configuration du système d’exploitation. En cas de bris matériel, il est donc possible de remettre une image précédente et avoir un serveur à nouveau fonctionnel en moins d’une heure. Un travail de 7 à 10 heures serait nécessaire pour avoir un serveur fonctionnel suite à un bris de matériel sans une image sur le disque local. Une bonne pratique consiste à déposer cette image sur un disque externe en plus d’un disque local, afin de protéger les données critiques et la configuration des serveurs de votre organisation contre un désastre local comme un incendie, par exemple.Efficience et évolutivité
Une « ferme » de serveurs virtuels permet également une plus grande efficience. Il est plus facile d’ajouter de la mémoire, de la puissance, du stockage ou même d’autres serveurs physiques à nos serveurs virtuels pour répondre à de nouveaux besoins. Une plus grande flexibilité est offerte aux entreprises qui souhaiteraient tester une nouvelle version d’un logiciel, par exemple. En effet, il est facile de dupliquer un serveur virtuel pour y installer la nouvelle version d’un logiciel et la tester, sans avoir à créer un nouveau serveur virtuel et payer les honoraires que cette création représenterait.Impact écologique et consommation d’énergie
Des gains importants sont également à noter pour la politique environnementale de votre organisation. En effet, la réduction du nombre de serveurs physiques évite de multiplier les futurs déchets technologiques, réduit l’espace plancher nécessaire pour héberger vos serveurs (et tous les coûts associés) et cela permet de diminuer les besoins en climatisation, en énergie, etc.La performance
Un des facteurs importants à considérer avant de créer des serveurs virtuels sur une machine physique est la performance. Comme nous l’avons mentionné plus haut, le serveur physique va devoir partager ses ressources avec les serveurs virtuels, ce qui pourrait avoir un impact sur sa performance si les ressources étaient insuffisantes. Afin de ne pas affecter la performance d’un serveur physique il se peut donc que l’on aille chercher plus de puissance en achetant de nouveaux composants, ou que l’on combine plusieurs serveurs physiques pour supporter les multiples instances de serveurs virtuels, ce qui représente un coût qui doit être pris en compte dans le calcul du retour sur investissement,Coût d’achat des licences
La création de serveurs virtuels et d’images de ces serveurs demande des licences pour des logiciels spécifiques (VMWare, Veeam…). Il existe aujourd’hui d’excellentes solutions à des coûts abordables pour les PME et qui permettent dans le même temps de faire des économies sur la partie matériel, néanmoins, ce coût doit aussi être pris en compte dans le calcul du retour sur investissement.Centralisation du physique
Combiner des serveurs virtuels sur un serveur physique concentre le risque de bris matériel sur une seule machine. Il faut donc penser à investir dans un serveur physique qui aurait lui-même une redondance de ces composantes critiques. Un serveur avec deux unités d’alimentation, plusieurs cartes réseaux, plusieurs disques durs, plusieurs processeurs, etc. permettra de réduire ce risque. Il est aussi possible de dupliquer les serveurs physiques pour qu’ils partagent la charge de ces serveurs virtuels. Ceci permettra à votre organisation d’avoir accès à des ressources en cas de panne d’un des deux serveurs physiques.Expertise technologique
Comme il s’agit d’une technologie qui est somme toute encore récente (en terme informatique), il peut être parfois difficile de trouver des experts qualifiés sur les technologies de virtualisation. En plus de la surveillance des serveurs (à ne pas négliger car même si nous réduisons le nombre de serveurs physiques, ce sont les serveurs virtuels qui doivent être surveillés), les outils de virtualisation devront être surveillés également. En cas de panne, une maîtrise parfaite de ces outils est nécessaire pour profiter pleinement des avantages qu’ils présentent.Conclusion
Les avantages pour les PME à prendre la route de la virtualisation sont très nombreux et à plusieurs niveaux. Il est évident que des professionnels qualifiés doivent mettre en place ce type solutions après une évaluation minutieuse du retour sur investissement. Néanmoins, la démocratisation de cette technologie, ouvre de nouvelles perspectives aux PME pour atteindre leurs objectifs d’affaires et la virtualisation doit être considérée comme un atout indispensable dans la boite à outils des firmes d’infogérance et des gestionnaires TI. Avec les outils traditionnels, le « cloud », la virtualisation et le mobile (sujet de notre prochaine chronique), les PME ont tout en main pour facilement répondre aux besoins de leur capital humain et de leur environnement. [1] Source : State of SMB IT 1H 2013, Spiceworks inc. Semi-annual report on small and midsize business technology plans & purchase intent. [2] Selon la loi de Moore, la capacité des ordinateurs augmente de façon exponentielle et ce, beaucoup plus rapidement que les besoins. Écrit par Patrick Hardy, Associé, vice-président InfogéranceVoir nos autres BLOGUES
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